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CONFERENCE DE PRESSE
Cette journée nationale d’action marque incontestablement un début de remobilisation des hospitaliers dans un contexte de réforme engagée depuis plusieurs mois concernant l’hôpital, et annoncée concernant l’assurance maladie.
Le haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie est réuni en ce moment pour clore une première étape sur le diagnostic. Il est trop tôt pour dire s’il sera partagé ou pas !
Toujours est-il que la question du devenir du système de soins et de l’hôpital sera en débat dans les semaines et les mois à venir.
C’est pourquoi les organisations syndicales présentes, ont tenu dans le cadre de cette journée d’action à réaffirmer leur unité et leur volonté de continuer à agir, à intervenir dans ce débat qui va aller en grandissant sur un sujet que l’on peut qualifier de débat de société.
L’hôpital public est un bien commun, pivot de notre système de santé solidaire. Pôle d’excellence de la recherche publique et de la formation, il fait la démonstration qu’en toutes circonstances il assume ses missions sanitaires mais aussi des missions sociales.
Pour des milliers de gens, il est le seul lieu de recours polyvalent accessible à tous en permanence dans une société où les difficultés sociales s’accroissent. Remettre en cause ces fondements, les missions d’égalité d’accès à des soins de qualité et de haute technicité serait grave de conséquences.
Notre société a besoin d’une sécurité sociale forte, d’un service public fort.
Ce n’est pas de la réforme Mattei appelée « hôpital 2007 » dont l’hôpital a besoin, mais des mesures négociées pour desserrer l’étau financier dans lequel il est depuis trop longtemps, qui le prive des moyens nécessaires pour répondre aux besoins des populations :
Des budgets supplémentaires, des emplois, des formations, de meilleurs conditions de travail, une meilleure reconnaissance professionnelle, plus de démocratie et de concertation.
Ce qui nous est imposé c’est l’inverse.
Au nom du déficit programmé de l’assurance maladie, des défis démographiques et des besoins grandissant à satisfaire, la seule voie proposée par le ministère est la recherche de rentabilité, de gain de productivité, une gestion et un pouvoir plus centralisés, une organisation de l’hôpital plus souple mais surtout plus flexible pour les personnels.
Donc moins de pouvoir d’intervention, moins de moyens, plus de mobilité.
Il faudrait accepter la seule voie des recompositions, fusions, restructurations, s’adapter à la démographie médicale et paramédicale et promouvoir la mise en concurrence avec le privé. A aucun moment, la question du volume des moyens n’est envisagée. Et tout cela au mépris du service public présenté comme coûteux, rigide et mal dirigé.
Comment oser se servir des épisodes dramatiques de cet été pour mettre en avant des réformes aussi libérales !
Vous comprendrez à l’écoute de ces prises de positions communes que nous n’ayons pas ratifié le projet gouvernance de l’hôpital orchestré habilement par le ministre.
L’organisation et la gestion hospitalière ne peuvent se concevoir sans que soit réaffirmée et renforcée la place du service public dans le système de santé. Or, il n’y a pas eu de débat sur les missions et la place de l’hôpital public.
Cet accord est sans conteste minoritaire ce qui pose la question de sa légitimité. Il n’apporte pas les réponses aux préoccupations des hospitaliers qui demandent, au delà des moyens supplémentaires, d’être écoutés, consultés et veulent travailler dans un environnement fait de relations sociales et non de management acharné, complètement déshumanisé.
C’est la moindre des choses dans un hôpital.
Rien ne justifie cette précipitation à vouloir à tout prix obtenir un accord sur un tel enjeu alors qu’une phase de négociation doit s’ouvrir sur le devenir de l’assurance maladie qui va immanquablement aborder celui de l’hôpital.
Nous demandons l’arrêt des projets en cours, l’ouverture d’une négociation sur les questions d’emploi et de formation et dans le cadre des négociations à venir, l’ouverture d’un débat public sur l’hôpital, ses missions, ses moyens, sa place dans le système de soin.
L’avenir de l’hôpital public et du système de soins est entre les mains des professionnels mais aussi des usagers. Nous agirons dans les semaines qui viennent pour les appeler à se mobiliser avec nous.
Fait à Paris,
Le 22 janvier 2004